|
Le vendredi 15 mai, 13h
Dans un couloir du Palais de justice, en attendant qu'un juge se libère et puisse entendre la cause, je lançai à la partie adverse qui n'était pas représentée par avocat: -- Il fait beau aujourd'hui!-- C'est un peu lourd... Vous pensez que l'on va attendre longtemps comme ça? -- Je ne sais pas. On est les quarante-cinquièmes sur le rôle. -- Pardon? -- Il y a quarante-quatre causes avant nous. -- Comment? Sur le papier, c'était écrit que l'audience était à neuf heures quinze. -- Tous les procès sont à neuf heures quinze. Ils sont entendus à tour de rôle. Là, ça risque d'être long parce que, en plus d'être les quarante-cinquièmes, il manque deux juges. Donc, il ne reste que trois juges pour entendre toutes ces causes. Et, vous savez, notre cause va durer plusieurs heures. On devra sans doute revenir mardi. Mon interlocuteur poussa un profond soupir de découragement dans lequel je vis une ouverture potentielle face à un règlement hors cour. -- Écoutez, j'ai une solution. On va s'asseoir et trouver une entente à l'amiable. Le juge va l'entériner. Ca va se faire en moins de deux! -- Qui me dit que vous allez pas m'en passer une vite? Pourquoi je vous ferai confiance? -- Parce que je suis avocat! -- Vous n'avez pas une meilleure raison?
|