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Le mardi 5 mai, 23h
Je ne sais plus où donner de la tête. Tout d'abord, il y a les parents de Catherine qui sont arrivés aujourd'hui. Catherine, qui a enfin terminé ses examens, avait ce soir organisé un repas solennel pour encadrer notre première rencontre. D'autre part, Maître Carré m'a demandé de s'occuper de l'un de ses dossiers dont le procès est prévu pour vendredi. Je devrai donc travailler douze heures par jour (et même davantage) d'ici là. À bien y penser, la concomitance de ce surplus de boulot et de l'arrivée des parents de Catherine est providentielle quant à l'image que ces derniers auront de moi. Ils garderont de moi le souvenir d'un jeune complet-cravate qui part heureux à sept heures le matin et qui ne revient qu'à vingt-deux heures, un peu fatigué mais tout aussi triomphant. Dois-je insister sur le fait que ce n'est comme ça qu'une semaine sur trois s'ils ne s'en enquièrent point? Catherine avait réservé une table à la Diva (un bon restaurant italien en face de la Maison de Radio-Canada). Je suis arrivé à dix-neuf heures précises, tel qu'entendu. J'ai tout de suite vu Catherine dans la salle à manger, ses parents à ses côtés. J'ai jeté un regard furtif au miroir du hall afin de m'assurer que ma cravate était bien nouée et je me suis approché du moment des présentations officielles. La rencontre et l'ensemble du repas se sont bien déroulés. Je pense avoir pleinement réussi à cacher ma déception de ne pas pouvoir passer en amoureux avec Catherine les dernières heures d'avant son départ. Je sais, ces lignes témoignent d'un grand égoïsme et d'une jalousie condamnable mais c'est ainsi que je me sens.
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