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Le mercredi 22 avril, 17h
Les jours où je ne travaille pas, et lorsqu'il fait bon à l'extérieur, il est dans mes habitudes de prendre une marche sur le Plateau soit pour faire mes courses, soit sans raison aucune. Par habitude, je parcours les mêmes rues: Laurier, avenue du Parc, Mont-Royal, Saint-Denis... Or, aujourd'hui, je décidai de poser mes pas sur la côte Sainte-Catherine et de traverser la verdure outremontaise jusqu'à l'Université de Montréal où -- eh oui! -- Catherine étudie. Je trouvai ma belle entre deux rayons de la grande bibliothèque silencieuse comme un cimetière. Je lui ai appris que Julien invitait tout le monde au restaurant ce soir. -- Ramone y sera. Invite Claire et Marc. C'est peut-être la dernière chance d'être tous ensemble avant ton départ, plaidai-je.-- Mais je dois étudier, se soucia-t-elle. J'ai laissé sortir un soupir, peut-être en guise de dernier argument. Catherine hésita puis se ravisa. Elle viendra au restaurant. -- Catherine... Catherine, tu sais que tu vas me manquer quand tu seras là-bas? -- Toi aussi... mais je reviens en août c'est pas si terrible. Allez! à ce soir! J'ai repris ma promenade en sens inverse, consterné par la dissemblance de sentiment qu'il y a entre Catherine et moi devant l'éminence de cette séparation estivale. Je suis grandement peiné par l'idée de passer les prochains mois sans elle tandis qu'elle n'y voit qu'une séparation sans gravité. C'est peut-être parce qu'elle a des projets au Danemark et que je n'en ai aucun ici. De toute façon, la vie est toujours moins lourde à porter pour ceux qui partent que pour ceux qui restent. -- Ça fait un bon cinq minutes que je marche derrière toi... T'as vraiment l'air dans la lune. Tu vas bien? -- Bof! et toi? -- Bah! Nous avons fait quelques mètres ensemble puis Maude bifurqua pour gravir une rue cossue d'Outremont en oubliant presque de me saluer. Cette rencontre me fit un effet bizarre. Je fus tout d'abord surpris de voir Maude habillée de telle façon; elle, qui, au Passeport, est toujours vêtue de jeans et de vêtements que l'on retrouve dans les friperies de mon quartier (une mode en soi mais toute autre). Ensuite, je l'imaginais habiter le même quartier que moi, pas Outremont en haut! Enfin, même en plein jour, Maude a cet air blasé qui me glace le sang.
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