Le vendredi 27 février, 23h



Depuis mardi, mon confrère est à Nassau pour affaires. Il agit à titre d'intermédiaire pour le compte de grandes entreprises, principalement des lignes aériennes, dans la recherche de financement pour l'acquisition d'hôtels dans les îles du sud. À plus d'une reprise, il m'a expliqué en long et en large le processus avec grand enthousiasme:

-- C'est unique! Je suis le seul à offrir ce service. Regarde, dit-il en pointant son classeur, j'ai des clients partout, en Europe, en Asie!

Il est vrai qu'il s'agit d'un créneau de pratique non traditionnel et inexploité auquel je devrais m'intéresser. Mais, lorsque je travaille sur ce type de dossier, le coeur n'y est pas. Pas de contact humain, que des chiffres et de froides négociations.

Quoi qu'il en soit, mon confrère avait d'autres projets pour moi:

-- J'ai besoin de toi à Montréal, pour mes autres dossiers, jusqu'à mon retour!

Ainsi, j'ai passé la semaine à courir d'un procès à l'autre. Dans bien des cas, j'aurais facilement pu faire remettre le procès à des dates ultérieures mais, comme mon confrère m'a donné carte blanche, j'ai préféré plaider le maximum de dossiers. D'un côté, cela m'apporta ce si important sentiment de réalisation qui fait trop souvent défaut dans ma vie et, de l'autre, mon confrère sera soulagé de constater que, malgré son absence, sa pratique n'a connu aucun retard.

De plus, je dois avouer que mon confrère ne se montre pas radin sur ma rétribution. En fait, si je travaillais toute l'année à ce salaire, je gagnerais autant qu'un avocat ayant quinze ans d'ancienneté dans la fonction publique. Or, mon confrère ne passera pas l'année aux Bahamas; il revient dimanche et je redeviens un représentant type de ma génération.

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Avec Catherine aussi ce fut une belle semaine. Je rentrais très tard du boulot, crevé mais heureux, avec toujours la même intense envie de l'entraîner dans la baignoire.


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