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Le mercredi 18 février, minuit
J'ai passé une autre journée à donner des consultations au Centre d'Entraide Juridique. L'impression négative que j'ai eu du Centre dès mes premiers jours de bénévolat se confirme par la découverte progressive du climat de travail. Maintenant, c'est l'absence de sentiment d'appartenance parmi les bénévoles qui me déçoit. La majorité des avocats font des consultations soit, comme je l'ai déjà écrit, pour se faire du capital politique, soit pour bien paraître aux yeux de la communauté juridique et de leur employeur (bon nombre des grands cabinets obligent leurs jeunes avocats à s'impliquer dans des causes sociales parce que cela rehausse l'image du bureau). Une telle atmosphère m'enlève l'envie de m'investir à long terme et parvient à annihiler toute ma motivation. Lorsque j'ai décidé de faire du bénévolat au Centre, je croyais y retrouver l'ambiance que j'avais connue à la Cachoulac. On se retrouvait là-bas, tous les étés, une cinquantaine de jeunes attirés par une vie de groupe et un boulot enrichissants, où, malgré un salaire symbolique, tous s'impliquaient à fond dans le seul but de se réaliser. J'étais chef d'équipe et je devais imposer des périodes de repos aux animateurs que je supervisais parce qu'ils étaient si emballés par leur travail qu'ils s'y consacraient de façon extraordinaire. Ma grande crainte était de voir un animateur, affaibli par la fatigue accumulée, tomber malade et être obligé de quitter la Cachoulac avant la fin de l'été. Cela donnait parfois lieu à des scènes bizarres comme celle où j'ai dû menacer un animateur d'une mauvaise évaluation parce qu'il travaillait trop! Pour revenir à ma participation au Centre d'Entraide Juridique, je remets à plus tard ma prise de décision.
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