|
Le samedi 31 janvier, 15h
Mercredi dernier, je me suis rendu à un autre cinq à sept malgré un début de mal de gorge qui ne présageait rien de bon. Même en ayant la sagesse de refuser tout alcool, préférant les vitamines des jus de légumes, je commençai à souffrir de douloureux étourdissements. Je suis donc rentré à la maison; il était vingt et une heures. J'étais si bouillant de fièvre que j'aurais pu, à moi seul, chauffer un bungalow privé d'électricité. Je sais bien que j'aurais dû prendre un bain tiède pour faire baisser ma température corporelle mais j'avais si froid et j'étais si fatigué que je me suis plutôt tout de suite couché, couvert de deux couches de combinaison de polypropylène et d'un sac de couchage trois saisons. Je me suis réveillé en milieu de nuit, les vêtements et le matelas trempés de sueur. Chaque mouvement me demandait un effort extrême. Malgré la douleur et les étourdissements, je parvins à me défaire de mes vêtements mouillés et à me rendre au salon où je comptais ouvrir le divan-lit pour y terminer la nuit. Arrivé au salon, l'équilibre me fit défaut et je tombai en emportant avec moi une lampe sur pied qui se fracassa sur le sol. De son appartement, Catherine entendit le bruit de la chute et s'en inquiéta. Elle vint frapper à ma porte et, devant l'absence de réponse, elle entra (elle a toujours les clés de chez moi). Le souvenir que j'ai de l'intervention de Catherine est plutôt confus et morcelé. J'étais nu, affalé sur les lattes du plancher, tremblant comme un héroïnomane en sevrage. Je me souviens que Catherine, constatant que j'avais une solide fièvre, me plaça dans un bain au contenu plutôt froid et me versa, pendant de longues minutes, de l'eau sur la tête avec une infinie patience. Je souviens enfin de m'être endormi le corps dans des draps frais et la tête sur un ventre duveteux.
|