Le dimanche 30 novembre, 15h



Catherine est tout près. Nous sommes dans le salon de mon appartement. Elle lit La Peste de Camus. À l'écouter, je devrais lire ce bouquin, mais -- et je frissonne de honte de faire cet aveu -- je ne lis que très peu. De mémoire, le dernier roman que j'ai lu, c'est Oui-Oui va au cirque , en 1979!

J'aime ces dimanches à flâner dans l'appartement, à passer d'un loisir à l'autre, en ayant pour seule obligation d'aller faire les courses. Aujourd'hui, vais-je acheter un simple brie ou, pour briser la routine, vais-je me payer un reblochon?

-- Mon doux amour, qu'est-ce que t'en penses?

Je relève le pull de Catherine, puis je dépose mes lèvres sur son ventre comme si j'adressais la question à son nombril. Au diable les fromages! semble traduire le pas léger de ses doigts sur ma nuque et la profondeur océane de ses soupirs. Une vague de fond me saisit et m'emporte vers ses seins, récifs que je polis longuement des mains et de la bouche.

Une tempête naît en plein soleil.


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