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Le jeudi 20 novembre, 18h
Presque tous les locataires croient que l'immeuble m'appartient parce que je signe les baux et je perçois les loyers. Mon frère, le véritable propriétaire, m'a confié l'administration de l'endroit il y a longtemps. Entre autres fonctions, je dois élucider les vols de circulaires. Eh oui, je suis le Hercule Poirot du Publi-Sac! Outre ces larcins commis par des disciples impénitents de l'économie et du découpage de coupons-rabais, la vie dans l'immeuble est paisible. Les locataires sont tous des personnes à qui la notion de respect d'autrui n'est pas étrangère. Ce n'est pas sans raison que je n'ai jamais de grave problème dans l'immeuble: lorsqu'il est temps de louer un appartement, comme l'immeuble est très beau et bien situé, il y a toujours plusieurs personnes intéressée à y aménager. Aussi, j'ai le loisir de pouvoir choisir celle qui, en apparence et suivant des critères purement subjectifs, causera le moins de problèmes. En juillet dernier, un des logements du premier étage était libre. Parmi les visiteurs, il y a eu un couple dont les enfants se chamaillaient bruyamment pendant la visite. J'ai tout de suite compris qu'il me fallait les dissuader de louer les lieux si je voulais me garder d'un déluge de plaintes de locataires troublés par le bruit des enfants. -- Vous savez, vous allez vous plaire ici... C'est un beau logement mis à part l'amiante dans les murs et la piquerie du deuxième! J'ai finalement loué le logement à Ramone qui, malgré des allures de portier des Foufounnes Électriques, m'inspirait confiance. Depuis, nous nous sommes liés d'amitié et, si des bouffées de fumée provoquées par une consommation intensive de cannabis ne s'échappaient pas de son logement chaque fois qu'il en ouvre la porte, il remporterait la palme du locataire modèle.
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