Le samedi 25 octobre, 16h



Bien que je me sois couché très tard, je me suis levé tôt et en grande forme ce matin.

Je suis allé faire laver ma voiture par les employés italiens de l'un des ces garages de quartier si pittoresques. Tony me parlait de Jacques Villeneuve et il peaufinait le capot de mon auto avec tellement d'enthousiasme qu'on aurait dit qu'il s'appliquait sur l'aileron d'une F1. J'adore faire laver l'auto là-bas comme j'aime faire mon marché dans les épiceries familiales parce que ça me permet de rencontrer des gens à qui, autrement, je ne parlerais jamais. Au-delà de la superficialité des propos échangés en pareilles circonstances, il y a le contact humain...

Ensuite, dans la ruelle derrière chez moi, j'ai garé l'auto afin d'en fignoler l'entretien. J'en étais à retoucher la peinture écaillée par des cailloux lorsque Catherine troubla la concentration que cette tâche exigeait.

Sans même me saluer, elle se fit inquisitrice. L'interrogatoire se composait d'une série de variantes d'une même et seule question: «Veux-tu m'dire où est-ce que t'as passé la semaine?»

J'aurais pu me réjouir intérieurement que mon absence ne l'indifférât point mais sa hargne m'exaspéra plutôt.

-- J'ai des courses à faire! dis-je avec une quasi-haine avant de m'engouffrer dans mon automobile et de tourner le coin de la ruelle.


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