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Le vendredi 24 octobre, 16h
Je reviens à peine de chez Eve, mon amie de Québec. J'y étais depuis mardi à la suite d'un événement qui m'a exaspéré et blessé. Ce soir là, Catherine, après être sortie avec ses amis, est rentrée avec l'un d'eux. Il était près de minuit. J'écoutais la télévision et je les ai entendus arriver car ils s'esclaffaient si bruyamment dans l'escalier que le bruit d'une moissonneuse-batteuse n'aurait pas enterré celui de leurs rires. Puis, Catherine frappa à ma porte: -- Tu viens fumer avec nous? Non seulement je trouvais blessant de voir Catherine ramener un gars chez elle à une heure pareille mais je la trouvais perfide de s'assurer que j'en aie connaissance en m'obligeant sous le couvert d'un prétexte à ouvrir ma porte. Je conclus à la malhonnêteté de sa démarche tout d'abord parce qu'elle sait très bien que je ne fume pas de cannabis et surtout parce qu'elle devait savoir qu'il aurait été contraire au bon sens que j'aie envie de fraterniser avec le coq débile qui se tenait fièrement derrière elle. Ce n'était pas la première fois que Catherine agissait comme si elle voulait me blesser ou me rendre jaloux (moi qui, par ailleurs, suis jaloux à la base d'une manière maladive). Parfois, c'est au téléphone, alors que je suis dans la même pièce qu'elle, qu'elle tient des propos aguicheurs à son interlocuteur. Parfois, toujours en ma présence, c'est dans la rue qu'elle se montre exagérément attentive aux banalités que lui raconte le premier tartempion rencontré par hasard. N'en pouvant plus de me sentir l'épais de service, j'ai décidé de m'épargner cette impression désagréable et d'aller vivre de meilleurs états d'âme chez Eve. J'ai mis des vêtements pêle-mêle dans mon sac de voyage et je suis parti en prenant garde de faire du bruit en descendant l'escalier, ne voulant pas désamorcer l'amère surprise qu'aurait Catherine en constatant mon absence inexpliquée de quelques jours. Sans égard aux raisons qui m'ont amené à Québec, ce séjour chez Eve fut très agréable.
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