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Le mardi 14 octobre, 17h
Cette nuit, vers deux heures, j'ai cru entendre Catherine chargée de bagages monter l'escalier. Je me suis enfoncé dans mon lit en renonçant à l'idée d'aller la saluer puisque, considérant l'ensemble de la situation, cela aurait pu dénoter un attachement prématuré et excessif de ma part. Après quelques minutes, je me suis rendormi un peu déçu de constater que Catherine ne s'était pas infiltrée dans mon appartement pour se glisser entre mes draps. A-t-elle résisté à l'envie de le faire pour les mêmes motifs suivant lesquels je ne suis pas allé l'accueillir à sa porte ou n'a-t-elle même pas pensé à moi? Toute cette situation a un caractère paradoxal. D'une part, Catherine me manque lorsque des cloisons ou des kilomètres nous séparent et je me questionne sur ses propres sentiments à mon égard. D'autre part, la rage d'être sans emploi qui règne en moi en despote m'empêche d'envisager de me donner en entier dans une relation amoureuse. À l'extérieur, le temps est sombre et une épaisse brume masque le sommet du Mont-Royal. J'attrape mon imperméable et je vais souper avec mon frère au El Zazium.
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