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Le vendredi 3 octobre, 3h20 de la nuit
Ce soir, j'étais convié à un souper au restaurant avec les confrères et les employés du contentieux de l'organisme public où j'ai travaillé en début de carrière avant d'être emporté et noyé par une vague de coupures. Les plats qui m'ont été servis étaient d'un raffinement gastronomique peu commun et se sont révélés à la hauteur de leur cherté. Mon choix s'est arrêté sur la feuillantine d'escargots à la crème d'estragon en entrée suivie, en plat principal, de scaloppines de veau aux cèpes. Le tout accompagné du magret de canard que ma voisine de table en panne d'appétit m'a discrètement refilé. Au dessert, un gâteau-mousse au chocolat était proposé, lui aussi fort exquis si bien que, malgré ma réplétion extrême, j'envisageai d'en commander un second. Je n'eus pas à débattre longtemps dans mon for intérieur de la sagesse de cette intention gourmande car est apparu devant moi un deuxième gâteau-mousse, précieuse offrande d'un confrère trop repu que dès lors je me suis empressé de manger (le dessert, pas le confrère car c'eut été un peu déplacé en plein restaurant). Vingt-deux heures, le repas était déjà terminé depuis longtemps et les convives quittaient les lieux pour probablement rentrer tranquillement à la maison. Pour ma part, une envie de musique à volume élevé et de danse monta subitement en moi: la soirée devait se terminer au Passeport. Je suis rentré en trombe à l'appartement pour y troquer mon complet-cravate contre une paire de jeans délavés et un t-shirt minimalement blanc puis j'ai fini la nuit à danser dans ce bar dont je ne peux parler ce soir pour cause de fatigue.
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