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Le lundi 24 novembre 2003, 20h
En cette fabuleuse journée ensoleillée, Maude sortait d'un grand magasin du centre-ville les bras chargés de deux immenses sacs. En m'approchant, j'ai remarqué ses pommettes rosées. Elle a prit quelques livres qui lui vont à ravir. J'aurais aimé la contempler en silence mais elle m'aperçut aussitôt. Le doux sourire qui apparu alors sur son visage m'a fait chaud au coeur.
- Je peux porter tes paquets?
- Tes attentions me charmeront toujours.
Je pris ses sacs qui de me bras repliés m'arrivaient presque au menton. Ils étaient pourtant d'une légèreté me laissant présumer qu'il s'agissait d'édredons de plumes.
Elle sourit, ria presque.
- Non, ce sont mes petites culottes, me répondit-elle en s'approchant de mon oreille pour que personne d'autre n'entende.
- Quoi?
- Oui, ma provision annuelle!
Elle enserra un peu plus fort son bras autour du mien et m'expliqua en s'étonnant que je ne le sache pas déjà qu'elle ne porte jamais deux fois la même culotte.
Nous avons marché comme ça, elle à mon bras, moi portant sa cargaison de dessous, le long de la rue Sherbrooke. Elle me disait qu'elle s'ennuyait beaucoup d'Émilie qui est déménagée en Suisse avec sa mère. Ça m'a rappelé un beau souvenir.
Peu avant son départ, j'avais emmené Émilie chez le dentiste. La salle d'attente était bondée et Émilie lisait une quelconque revue laissée à la disposition des patients. Soudain, elle leva les yeux et me posa comme question:
- François, c'est quoi le point G?
- Mais pourquoi cette question? lui demandai-je en regardant furtivement la quinzaine de personnes qui étaient dans la pièce et qui s'étaient tues pour mieux entendre ma réponse.
- C'est dans la revue. C'est écrit: « Trouvez votre point G », poursuivit Émilie.
- Ce que tu lis n'est sûrement pas pour les enfants!
- Mais c'est quoi le point G, François?
L’assemblée était de plus en plus attentive. Même la vieille Polonaise qui tricotait devant moi avait déposé ses aiguilles.
- Tu demanderas à... à Maude, tiens!
- Maude en a un? T'as déjà trouvé le sien?
Les regards amusés se faisaient de plus en plus intéressés par la suite des choses, par la façon dont j'allais me dépêtrer. J'ai même remarqué qu'une femme qui avait été appelée au comptoir avait fait signe à la secrétaire d'attendre un peu. Elle ne voulait rien manquer de mon calvaire.
Je me souvins alors de l'Éloge de la fuite de Laborit:
- Émilie, si tu me fiches la paix avec ta revue, on va aller au Bilboquet manger une glace.
- Ç'a sûrement rapport avec le sexe. Tu ne veux jamais parler de sexe avec moi!
- Tu ne veux pas aller au Bilboquet?
- Si! Si!
Et Émilie prit une autre revue sans jamais plus m'embêter pendant que soulagé, je fis un clin d’oeil à la grand-maman polonaise qui me souriait tendrement.
Maude s’esclaffa. Puis elle me fit la bise, mais pas sur la joue; non, plutôt sur la bouche! Pour ne pas laisser de rouge sur tes joues me dit-elle avant de s'engouffrer dans le taxi que je lui avais hélé.
  
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