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Le lundi 3 mars 2003, 13h
J’ai cédé aux supplications théâtrales d’Émilie et je l’ai emmenée au Gala des Olivier qui se tenait hier.
- C’est d’accord, tu viens au théâtre Saint-Denis voir le gala, mais après tu me laisses sortir avec mes amis. Isabelle va nous attendre à la sortie et tu vas rentrer avec elle. Elle va te garder jusqu’à mon retour.
- Tu vas où après le gala?
- Il y a une réception...
- Je veux y aller, c’est comme ça et c’est pas négociable!
- Nan! Tu peux pas venir! C’est dans un bar et si le portier te voit, il va t’attraper, il va te mettre dans un sac-poubelle et il va te lancer dans un conteneur à déchets avec toutes sortes de légumes pourris!
- Pouah! Hi! hi! hi!
- On fait un marché: je t’emmène au gala et toi après, tu rentres avec Isabelle sans r-o-u-s-p-é-t-e-r, c’est d’accord?
- Non, c’est pas d’accord!
- Alors tu écouteras le gala à la télévision!
- OK! OK! marché conclu!
C’est ainsi que je me suis retrouvé à aller à un gala accompagné d’une fillette de sept ans, ce qui au fond, ne me dérangeait aucunement puisque je n’avais personne à inviter.
Pour Émilie, ce sont des moments inoubliables que je lui fais vivre: se retrouver parmi tous ces artistes qu’elle voit à la télévision depuis toujours. Je suis qu’elle parlera de cette soirée à ses amis à l’école pendant plusieurs jours...
- J’étais assise à côté de Martin Matte, vous vous en rendez compte! Peter MacLeod m’a parlé! Claudine Mercier m’a donné un foulard!
Pour ma part, le gala signifie devoir rester assis trois longues heures dans une salle surchauffée à cause des projecteurs de télévision, une espèce de mauvais moment à passer pour ensuite avoir la chance d’assister à la réception, réception qui fut pour moi tout aussi mémorable que le fut le gala pour Émilie.
Je suis rentré aux petites heures. J’ai réveillé la gardienne qui dormait sur le canapé. J’ai pris dans mes bras Émilie qui dormait dans mon lit et je l’ai portée jusqu’à sa chambre où je l’ai bordée.
Une fois dans mon lit, avant de m’endormir, j’ai longuement contemplé les flocons de neige qui dansaient devant ma fenêtre. J’ai eu une pensée pour Maude puis une autre pour Catherine. C’est quand même triste de se sentir seul.
  
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