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Dimanche 6 janvier 2002, 3h de la nuit
Encore le Passeport ce soir. Chaque fois que je décide de sortir dans ce bar, la honte attiédit le plaisir de m’y retrouver. C’est qu’après toutes ces années -- ça fait bien cinq ans que j’y vais assez régulièrement --, j’ai l’impression que ma vie n’a pas évolué, l’impression de vivre dans le passé, pire, l’impression de faire partie du mobilier.
Le Passeport est ma destination de dernière minute. J’y vais quand, tard en soirée, me prend l’envie de sortir et que je ne fais pas l’effort d’appeler des amis. C’est donc un acte de facilité. Minuit sonne, la solitude me pèse, je n’ai qu’à m’y rendre et là-bas, je rencontre des personnes qui au fil des mois, sont devenus des amis. Et, quand j’ai envie de rentrer chez moi, je peux le faire sans donner d’explication à quiconque.
Le Passeport a perdu en popularité. Il n’ouvre plus que quatre soirs par semaine au lieu de sept et on voit moins souvent des gens faire la file pour y entrer. Il demeure que les soirs où il est ouvert, il est fréquenté par un bon noyau dur, des personnes qui sont des gens de qualité sans en avoir la prétention ou l’insolence.
Cela dit, je viens de réaliser que si je veux revoir l’inconnue de mercredi, ce n’est pas au Passeport que je devrais sortir mais bien au Diable Vert. Quel con je fais!
  
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