Le jeudi 6 décembre 2001, 11h



J’ai entamé Putain de Nelly Arcan il y a déjà trois semaines et je n’en suis encore qu’aux premières pages. Son style m’ennuie et me perd. Ses longues phrases, longues comme la rue Sainte-Catherine, ne semblent mener nulle part. Je vais tout de même m’acharner à finir ce bouquin, car de ce tout vaste et dissous, émergent quelques réflexions qui méritent attention.

En entrevue, Arcan me laisse perplexe. À la télévision française, elle a admet sans réticence que Putain est l’histoire de sa vie alors qu’au Québec, elle refuse de le confirmer. Il y a des gens ici, dit-elle, qu’elle ne veut pas blesser par cette révélation. Mais, ne sait-elle pas que les émissions françaises où elle confirme son passé d’escorte étaient diffusées au Québec sur les ondes de TV5?

En fait, je me pose la question: est-elle la petite fille naïve un peu dépassée par son succès ou, au contraire, n’est-ce pas là une image que se donne un fin stratège pour se retrouver en tête des palmarès littéraires?

Nelly, j’attends ta réponse!