Le jeudi 29 novembre 2001, 15h



L’envie d’une situation et l’appréciation de cette même situation lorsqu’elle se produit peut différer beaucoup. Il y a trois ans, j’aurais qualifié ma vie actuelle de rêve. Travailler quatre heures par jour, trois jours par semaine, sans aucun stress, à la maison, les pieds dans mes pantoufles tout en gagnant plus d’argent que la majorité des avocats de ma génération. La description de ma vie, on dirait presque une infopub qui promet de l’argent à flot sans trop travailler.

Pourtant, c’est ma vie.

Pourtant, c’est une vie que me rend souvent très malheureux.

J’écris.

Je me commets dans l’humour. Je travaille surtout sur des projets d’émissions de télévision. Je reçois des commandes par télécopieur ou par courriel, toujours des mêmes deux ou trois producteurs. Je m’exécute et je renvoie le fruit de mon écriture. C’est là, le problème. Je ne rencontre jamais personne. Je n’ai pas de collègue à saluer en entrant au bureau, car mon bureau, c’est chez moi, et il n’y a personne chez moi à part ma vieille chatte qui ne répond jamais quand on lui parle.

Oui, la solitude pèse lourd sur ma plume.